LE RISQUE FEU DE FORÊT

Qu’est-ce qu’un feu de forêt ?

 

On parle d'incendie de forêt lorsqu’un feu concerne une surface minimale d'un hectare d'un seul tenant et qu'une partie au moins des étages arbustifs et/ou arborés (parties hautes) est détruite.


En plus des forêts au sens strict, les incendies concernent des formations subforestières de petite taille : il s’agit pour l’essentiel des formations ligneuses d’altitude (brandes) ou des formations secondaires (fourrés à goyavier, par exemple).


Généralement, la période de l'année la plus propice aux feux de forêt est l'hiver austral (de novembre à avril), car aux effets conjugués de la sécheresse et d'une faible teneur en eau des sols, vient s'ajouter l’effet des alizés. L’arrêté préfectoral interdisant les feux à moins de 200 m de la forêt fixe la période sensible du 15 août au 15 janvier.

 


Comment se manifeste-t-il ?

 

Un feu peut prendre trois formes différentes selon les caractéristiques de la végétation et les conditions climatiques dans lesquelles il se développe :


les feux de sol dits « feux de voune » ou « feux d’avoune » brûlent la matière organique contenue dans la litière : ils interviennent généralement dans les peuplements de tamarins ou de brandes et peuvent intéresser des épaisseurs de près d’un demi-mètre. Alimentés par incandescence avec combustion, leur vitesse de propagation est faible parfois non détectable et le délai de réapparition du feu en surface peut varier de quelques heures à plusieurs semaines rendant la lutte très difficile.


les feux de surface brûlent les strates basses de la végétation, c'est-à-dire la partie supérieure de la litière, la strate herbacée et les ligneux bas. Ils se propagent en général par rayonnement en dégageant une énergie suffisante pour communiquer le feu vers les étages supérieurs de la végétation.


les feux de cimes brûlent la partie supérieure des arbres (ligneux hauts) et forment une couronne de feu. Ils libèrent en général de grandes quantités d'énergie et leur vitesse de propagation est très élevée. Ils sont d'autant plus intenses et difficiles à contrôler que le vent est fort et le combustible sec.


La vitesse de propagation du feu est lente dans le sol, moyenne ou rapide en surface, et nettement plus élevée au niveau des cimes des arbres.

 


Les conséquences sur les personnes, les biens et l’environnement :

 

La population et les biens sont actuellement peu exposés au risque incendie de forêt, même si ce risque augmente avec l’urbanisation croissante. Le problème existe cependant (cas des incendies péri urbains de Saint-Denis, La montagne, Domenjod et Étang Salé) avec des conditions d’intervention parfois techniquement difficiles dans des conditions d’accès inadaptées aux véhicules de lutte.


Ce sont donc les milieux naturels qui sont le plus exposés à ce risque : la biodiversité végétale et animale des milieux réunionnais est sans conteste d’une très haute valeur patrimoniale et elle constitue l’enjeu de référence.


Mais la forêt représente d’autres enjeux :


conservation des sols en limitant l’érosion directe ;


préservation de la capacité de rétention des eaux ;


maintien des paysages et des potentiels d’accueil du public et de l’écotourisme ;


contribution à la filière bois par la production de matière ligneuse. 

 


Le risque feu de forêt à La Réunion

 

Les risques d’incendie sont fonction de la nature de la végétation mais surtout des conditions climatiques. Les surfaces qualifiables de forestières occupent environ 85 000 ha soit 33 % de la surface de l’île avec des risques différenciés suivant les régions. Au total, le niveau de risque moyen à élevé concerne environ 60 % de la surface forestière.


À la Réunion, le risque potentiel le plus grand se situe dans la région Ouest, où l’on rencontre les arbres de plus haute taille et les espèces végétales les plus combustibles (Tamarin, Acacia, Cryptomeria, Branle). Ceci s’explique dans une large mesure par la nature du climat, car il s’agit d’une zone où les précipitations sont les moins abondantes de l’île et où la saison sèche est longue et très marquée.


Il y a en moyenne 10 départs de feu par an et un grand incendie tous les 20 ans environ :


- pour la période 1966 à 1988, 179 sinistres ont parcouru 10 036 ha dont 7 000 ha pour l’Ouest et 2 290 ha pour le Sud, ces deux régions représentant à elles seules 93% du total pluriannuel. La surface parcourue par les incendies est de 56 ha par sinistre, reflétant mal une disparité extrêmement forte d’une région à une autre : le sinistre moyen de l’Ouest est de 250 ha alors que partout ailleurs sa surface se trouve comprise entre 3 ha et 88 ha.


- pour la période 1990 à 2006 : 1 909 ha ont été parcourus par 273 incendies de forêts, 74% des surfaces concernées étant situées dans l’Ouest et le Sud. Le feu moyen est de 7 ha, la fourchette variant de 1 ha à 700 ha (feu du Tévelave en 1999). Le nombre de feu par an est de l’ordre de 16. Seuls 4 des incendies de cette période font plus de 100 ha et les 5 principaux feux représentent 1 210 ha soit 63% des surfaces incendiées. Ainsi, un net progrès est constaté sur cette période, par rapport à celle qui la précède, du fait des équipements réalisés et de la meilleure coordination des intervenants. Mais dans le même temps, un net renforcement du nombre de mises à feu dans les zones urbaines ou périurbaines est constaté.

 

 

 En matière de feux de forêts, on distingue deux zones : la zone « sous le vent » et la zone « au vent » :

 

  • La zone « sous le vent »

Elle s’étend de Saint-Denis au Tampon et est très sensible aux incendies. La menace concerne plus particulièrement les hauts de l’Ouest et la Plaine des Cafres (côté Tampon) à des altitudes allant de 1400 mètres à 2900 mètres sur les communes de : Saint-Paul, Saint-Leu, Trois Bassins et Les Avirons. Elle touche aussi l’Étang Salé, Saint-Louis, Cilaos, Le Tampon et Saint-Denis.


Les zones les plus sensibles sont :


- les zones de branles où la plupart des incendies démarrent et se développent sur de grandes surfaces (65 % des surfaces parcourues de 1990 à 2002) ;


- les zones rurales au contact de la forêt sont très sensibles (acacia et friches) ;


- les sous-bois de tamarins présentent une couche humifère (d’humus) du sol, très épaisse, extrêmement combustible (un peu comme la tourbe) : l’avoune. Les feux d’avoune sont très difficilement contrôlables. A l’échelle historique, ces forêts ont régulièrement brûlé tous les 20 ans environ : en 1988, plus de 3000 ha ont été parcourus et partiellement détruits par le feu ;


- les zones de plantations ou de forêts cultivées facilement accessibles au public (55 % des départs de feu, mais moins de 25 % des surfaces parcourues)

 

  • La zone « au vent »

Elle concerne l’est de l’île, de Sainte-Marie à Saint-Philippe, et plus particulièrement les secteurs :


- des hauts de Bras-Panon ;


- de Bébour (forêt très humide mais occasionnellement concernée) ;


- de Saint-Philippe ;


- de la Plaine des Cafres (côté volcan, zone de transition des zones au vent et sous le vent) où les incendies démarrent en général soit dans la zone agro-pastorale (friche ou lande d’ajoncs épineux), soit dans la zone de branles (en bordure de la route du volcan).
 

La zone « au vent » connaît périodiquement des sécheresses et des feux de forêt malgré une pluviométrie abondante.



Exemples marquants de feu de forêt :


-    2010 –    780 ha – le Maïdo

 

-    1988 – 3 500 ha – les hauts de Trois-Bassins

 

-    1970 – 4 500 ha – entre le Maïdo et les Makes

 

-    1955 – 2 600 ha – la Plaine des Cafres

 

-    1954 – 1 500 ha – les hauts de l’Ouest

 

-    1952 – 2 000 ha – du Brûlé à Saint-Paul

 

 

Pour plus d'informations, nous vous invitons à consulter le site de l'Office National des Forêts (ONF), ici.

 

Plan départemental de protection des forêts contre l’incendie, approuvé en 2009 (téléchargeable ici - 7Mo)